13.10.2006
Fusion GDF - SUEZ
La fusion de GDF- Suez, faite sans la moindre concertation avec les organisations syndicales, constitue un reniement inacceptable de l’engagement pris par M. Sarkozy et le Gouvernement UMP, de maintenir la part de l’Etat à 70% du capital de l’entreprise, c’était la loi du 9 août 2004. Une chose est claire : on est pas obligé de croire aux promesses de M. Sarkozy !
En réalité, le Gouvernement veut privatiser purement et simplement GDF en ramenant la part de l’Etat à 34%. Un bilan de la décennie de libéralisation du secteur énergétique est pourtant désastreux et devrait conduire la majorité UMP à plus de prudence. En effet, la facture de gaz a augmenté de 30% en 18 mois. Les prix de l’électricité ont, quant à eux, augmenté depuis 3 ans de 70% pour les grosses entreprises consommatrices, voire de 100% pour les plus petites. L’énergie n’est pourtant pas une marchandise comme les autres.
L’idéologie politique consistant à livrer ces entreprises au profit privé est une politique à court terme qui aura des conséquences sur la sécurité de l’approvisionnement de la France (Suez pèse en gaz trois fois moins que GDF et n’alimente quasiment que le marché nord-américain) et remettra en cause les principes auxquels la majorité des Français sont attachés : égalité de traitement, péréquation tarifaire, service public. Ce sont bien ces principes qui vont voler en éclat avec la privatisation de GDF. Derrière cette fusion, l’enjeu est de faire disparaître les tarifs administrés au profit de contrats indexés sur les marchés libres, qui atteignent - il est bon de le rappeler- des prix deux fois plus élevés que ceux de GDF ! La fusion conduira à des hausses vertigineuses de tarifs et donc à une augmentation des résultats financiers. Le nouveau groupe gazier sera détenu à 56,7% par les actuels actionnaires de Suez, ce qui ne le protègera nullement d’une éventuelle OPA qui pourrait entrer massivement dans le capital et se trouver ainsi en position majoritaire pour déterminer la politique de l’entreprise. Nous y sommes avec l'offre d'achat du groupe Pinanult.
C’est donc un véritable marché de dupes pour les usagers et le service public qui paieront un lourd tribu uniquement au profit d’actionnaires privés. C’est pourquoi, résolument opposée à ce projet, j’ai voté contre ce texte.
16:45 Publié dans EDF, Hautes Pyrénées, International, Lourdes, Montagne, Politique, Social, SUEZ, Tarbes, Vallée des Gaves | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



